31 janvier 2009
Pussycat dolls: le nouvel album
Les pussycats Dolls ont sorti leur nouvel album le 29 septembre dernier. De nombreuses stars ont contribué à l'album, comme Dr. Dre, Timbaland, The Clutch, Cee-Lo Green, Sean Garrett, Darkchild, Kara DioGuardi, Fernando Garibay, Lady GaGa, Ryan Tedder, Taio Cruz ainsi que Missy Elliot et Chris Brown.
Bref, Nicole et ses copines re-chaussent leurs talons aiguilles pour un nouvel album, Doll Domination. Ce qui s’attendent à un simple follow up du premier vont être déçus : les Pussycat Dolls ont travaillé d’arrache pied ces derniers mois afin de réaliser un opus extrêmement ambitieux. " Nous voulions aller bien plus loin et nous dépasser pour cet album. Nous endormir sur nos lauriers aurait été facile et nous souhaitions un album qui apporte vraiment quelque chose de nouveau, notamment en terme de production. Un peu comme a pu le faire Madonna sur ses meilleurs albums, l’idée est de surprendre, de nous mettre en danger, rester dans une dynamique de challenge et ne pas tomber dans la répétition " précise Nicole. Ce nouvel album sonnera toujours urbain et dancefloor, mais avec certains titres aux influences jazzy voir Motown, de belles ballades, le tout produit par une série de nouveaux producteurs ou des pointures comme Timbaland, Cee-Lo, Sean Garret et Rodney Jerkins alis Darkchild.
Le premier single "When I grew up" est déjà dans les bacs et commence à faire fureur dans les clubs ainsi qu'en France et dans le monde entier.
Vous pouvez dès à présent visionner leur dernièr vidéo clip ici même. Les filles n'ont rien perdu de leur sex appeal comme vous allez le voir.
THE PUSSYCAT DOLLS - WHEN I GROW UP
De plus, et pour être le plus complet possible, je vous propose d'écouter leur dernier album, à savoir, Dolls Domination, et c'est sur le Mijac3 que ça se passe. Bonne écoute.
Les perles...... Des Administrations
Spécial "Lettre au Ministère de la Défense"
Monsieur le Ministre de la Défense Nationale,
Permettez-moi de prendre la respectueuse liberté de vous exposer ce qui suit, et de solliciter de votre bienveillance l'appui nécessaire pour obtenir une démobilisation rapide.
Je suis sursitaire, âgé de 24 ans, et je suis marié à une veuve de 44 ans, laquelle a une fille qui en a 25.
Mon père a épouse cette fille.
A cette heure, mon père est donc devenu mon gendre, puisqu'il a épousé ma fille.
De ce fait, ma belle-fille est devenue ma belle-mère, puisqu'elle est la femme de mon père.
Ma femme et moi avons eu en Janvier dernier un fils.
Cet enfant est donc devenu le frère de la femme de mon père, donc le beau-frère de mon père.
En conséquence, mon oncle, puisqu'il est le frère de ma belle-mère.
Mon fils est donc mon oncle.
La femme de mon père a eu a Noël un garçon qui est a la fois mon frère puisqu'il est le fils de mon père, et mon petit-fils puisqu'il est le fils de la fille de ma femme.
Je suis ainsi le frère de mon petit-fils, et comme le mari de la mère d'une personne est le père de celle-ci, il s'avère que je suis le père de ma femme, et le frère de mon fils. Je suis donc mon propre grand-père.
De ce fait, Monsieur le Ministre, ayez l'obligeance de bien vouloir me renvoyer dans mes foyers, car la loi interdit que le père, le fils et le petit-fils soient mobilisés en même temps.
Dans la croyance de votre compréhension, veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
27 janvier 2009
Les perles...... Des Administrations
Spécial FISC
albums pour "PRINCE" en 2009
Prince a livré un scoop au Los Angeles Times le 31 décembre: pas moins de trois albums sortiront en 2009!
Les albums ne seront pas distribués par une maison de disques. Plus de détails bientôt.
Il y aura:
- Lotus Flower, orienté rock/guitare/psyché et enregistré au long des deux dernières années,
- MPLSound (nom provisoire), album électro-funk enregistré en solo par Prince à Paisley Park et rappelant le son de When Doves Cry, il aurait pour cet album "trouvé de nouvelles manières d'enregistrer de la musique" (en utilisant Pro Tools).
- Elixir, l'album de sa nouvelle protégée Bria Valente, qu'il aurait réalisé car "lassé d'attendre le nouvel album de Sade".
25 janvier 2009
Moonwalk: L'autobiographie de Michael Jackson.
Continuons ensemble à renter dans l'univers du Roi de la Pop, avec la quatrième partie du Chapitre 1 de son autobiographie "MOONWALK". "Des mômes qui rêvent" (Chapitre 1 - 6ème partie)
La plupart du temps, je restais seul en coulisses. Mes frères étaient en haut, en train de manger et de parler, et moi, j’étais allongé par terre, le nez dans la poussière, tout contre le rideau, et je regardais le spectacle. Je regardais chaque pas, chaque geste, chaque saut, chaque émotion, chaque changement de lumière et d’intensité. C’était mon plus grand plaisir et c’était ma façon à moi d’apprendre. J’étais là dès que j’avais cinq minutes de liberté. Mon père, mes frères, les autres musiciens, ils savaient tous où me trouver...Ils me taquinaient à ce propos, mais j’étais tellement absorbé par ce que je voyais et ce que je retenais que ça m’était égal. Je me rappelle tous les théâtres : le Régal, l’Uptown, l’Apollo, trop nombreux pour les citer tous. C’était inouï le talent qu’on rencontrait dans ces endroits. La meilleure façon de faire son éducation dans ce métier c’est de regarder les maîtres au travail. Il y a des musiciens, comme Springsteen et U2 par exemple, qui disent qu’ils ont tout appris dans la rue. Mais moi, je suis un homme de scène, et c’est sur la scène que j’ai appris, en regardant travailler les autres.
Jackie Wilson était en photo sur le mur de l’Apollo. Le photographe l’avait pris sur le vif, une jambe en l’air, le torse en extension, quand il chantait une chanson triste comme " Lonely Teardrops ", personne ne s’en apercevait, car sa façon de danser était tellement fantastique que le public ne pouvait pas se sentir triste en le regardant...
Après l’Apollo, nous avons continué à jouer, un œil sur les cartes routières, et une oreille branchée sur le téléphone. Papa et maman avaient décidé qu’on ne devait pas rester plus de cinq minutes pour chaque communication, mais après notre succès à l’Apollo, ils étaient encore plus sévères. Il ne fallait pas encombrer la ligne avec nos appels personnels au cas où une maison de disques essaierait de nous joindre. Nous vivions dans la crainte d’occuper la ligne téléphonique, et de ne pouvoir répondre si on nous faisait une proposition.
Pendant cette attente, quelqu’un nous avait recommandés pour le show de David Frost, à New-York City. On allait passer à la télé. C’était le moment le plus excitant de notre vie. Moi j’en parlais à tout le monde, à l’école, et je répétais deux fois mon histoire à ceux qui ne voulaient pas me croire pour essayer de les convaincre. On devait partir en voiture quelques jours plus tard. Je comptais les heures. J’avais déjà imaginé comment les choses de passeraient, à quoi ressemblerait le studio et ce qui se passait quand on était face à une caméra de télévision.
Mon institutrice m’avait préparé des devoirs pour rattraper mon absence. On avait encore une répétition en costumes et une dernière sélection de chansons à faire.
Cette après-midi-là, papa nous a dit que le voyage à New-York était annulé. Stupéfaits, on l’a regardé sans y croire. C’était un vrai choc et j’avais envie de pleurer.
On était tellement près du but ! Comment avaient-ils pu nous faire ça ? Qu’est-ce qui s’était passé ? Pourquoi M. Frost avait-il changé d’avis ? J’avais la tête qui tournait et je suis sûr que les autres aussi. " C’est moi qui ai annulé ", déclara calmement mon père. Nous étions trop atterrés pour parler. Alors mon père déclara :
" Motown a appelé. "
Les jours qui précédèrent ce voyage restent gravés parfaitement dans ma mémoire. Je me revois en train d’attendre mon petit frère Randy à la sortie de sa classe du cours préparatoire. C’était le tour de Marlon d’aller le chercher, mais on avait changé nos jours de corvée.
L’institutrice de Randy me souhaita bonne chance pour mon voyage à Detroit, car Randy lui avait dit que nous allions auditionner pour Motown. Il était très excité, même s’il ignorait où se trouvait Detroit. Toute la famille ne parlait que de ça et Randy ne savait pas ce qu’était une ville. Alors en classe il cherchait Motown sur le globe terrestre. L’institutrice me dit que nous devrions chanter la chanson : " You don’t know like I know ", que plusieurs de ses collègues nous avaient vus interpréter au théâtre Regal de Chicago. J’aidai Randy à mettre son manteau et lui promis d’y penser, tout en sachant qu’on ne pourrait pas chanter une chanson de Sam and Dave à une audition de Motown car ils étaient chez un concurrent, la maison de disques Stax. Papa nous avait prévenus qu’il fallait pas faire d’impairs avec ces gens-là. Il m’avait dit aussi qu’il aimerait bien que son petit garçon de dix ans puisse être célèbre avant ses onze ans.
Quand j’ai quitté le bâtiment de l’école primaire en tenant Randy par la main, j’étais pressé. J’avais peur des voitures et je fis un signe au gardien de la paix pour qu’il nous aide à traverser. Je savais que LaToya devait aller chercher Randy à l’école le lendemain parce que Marlon et moi nous serions à Detroit avec les autres.
La dernière fois que nous étions allés à Detroit, c’était pour chanter au théâtre Fox. Nous étions partis juste après le spectacle et nous étions arrivés à Gary à cinq heures du matin. J’avais dormi pendant presque tout le trajet, aussi le lendemain matin, à l’école, j’avais tenu le coup à peu près. Mais vers trois heures de l’après-midi, c’était comme si j’avais des boulets aux pieds, et je pouvais à peine ouvrir les yeux.
On aurait pu quitter le spectacle plus tôt, ce soir-là, parce qu’on passait au début. Mais on aurait raté Jackie Wilson. Je l’avais déjà vu ailleurs, mais sur cette scène-là, avec son groupe, il était inouï. Le lendemain, à l’école, pendant le récréation, j’ai essayé de faire les pas de danse que Jackie Wilson avait inventés et pourtant, j’étais mort de fatigue...Les autres gamins me regardaient m’entraîner devant la glace des toilettes, et le soir, pendant la répétition, j’ai montré à mon père ces nouveaux pas et il m’a encouragé à les danser sur scène............................
Comme je m’apprêtais à traverser la rue avec Randy, j’ai aperçu une grande flaque d’eau au milieu de la chaussée. Au lieu de la contourner, j’ai lâché la main de Randy et j’ai fait un saut tellement long que j’ai réussi à ne pas éclabousser mes vêtements en arrivant de l’autre côté. Je savais que Randy allait essayer de m’imiter. Il s’apprêtait à foncer, mais je savais qu’il était trop petit pour passer de l’autre côté sans tomber dans la flaque, aussi. Étant avant tout un grand frère avant d’être un professeur de danse, j’ai bondi sur lui juste à temps pour l’empêcher de s’affaler dans l’eau.
De l’autre côté de la rue, il y avait des gamins en train d’acheter des bonbons, et même ceux qui étaient méchants avec nous à l’école m’ont demandé la date de mon départ pour Motown. J’ai acheté des bonbons pour Randy, je leur en ai offert, avec mon argent de poche, et je leur ai répondu gentiment. Je ne voulais pas que Randy soit malheureux de nous voir partir sans lui.
Comme nous approchions de la maison, j’ai entendu Marlon hurler :
La photo de Sam and Dave était en bas dans le couloir, à côté de celle d’un ancien grand musicien de big band.
Papa avait sympathisé avec Sam Moore. Je me souviens qu’il avait été très gentil avec moi la première fois que je l’avais rencontré et ça m’avait agréablement surpris. Je chantais ses chansons depuis tellement longtemps que je craignais qu’il me frotte les oreilles. Et puis surtout, il y avait James Brown, le Roi, M. Dynamite. Avant lui, les chanteurs n’étaient que chanteurs, et quand en plus ils dansaient ils ne pouvaient pas le faire avec la même maestria que Fred Astaire ou Gene Kelly, surtout en direct, devant un public. Mais James Brown était prodigieux, à la fois comme chanteur et comme danseur. Aucun éclairagiste n’arrivait à le suivre sur scène. Il fallait l’inonder de lumière pour être sûr de ne pas le perdre quand il se déchaînait. Moi, je voulais être aussi bon que lui.
On a gagné le concours d’amateurs de l’Apollo mais je n’avais qu’une envie, c’était retourner regarder les photos sur les murs et remercier mes " professeurs ". Papa était tellement heureux ce soir-là qu’il prétendait qu’il pourrait rentrer à Gary " sur un petit nuage ". Il était fou de joie et de fierté. Mes frères et moi, nous avions eu " tout bon ", et nous espérions pouvoir sauter une " classe " grâce à cette performance. Je sentais que bientôt on n’aurais plus besoin de faire des concours d’amateurs et les boîtes à strip-tease.
" Fermez la porte s’il vous plaît ! "
Les portes de notre minibus VW étaient grandes ouvertes, et j’ai frissonné en pensant qu’il allait faire froid pour aller à Detroit. Marlon était déjà en train d’aider Jackie à mettre nos affaires dans le bus. Pour une fois, Jackie et Tito étaient arrivés largement en avance à la maison. Ils étaient censés s’entraîner au basket-ball à cette heure-là avec leur équipe du lycée et papa était en train de taquiner Jackie en lui disant que la prochaine fois que nous irions chanter à Indianapolis, ce serait pendant les mi-temps et son équipe gagnerait sûrement le championnat. Papa adorait ce genre de défi, parce que avec nous tout pouvait arriver. Il voulait qu’on soit les meilleurs dans tous les domaines, pas seulement en musique. Cette ambition lui venait certainement de son père qui était instituteur. Une chose était sûre, mes institutrices étaient beaucoup moins dures et exigeantes que lui, et pourtant elles étaient payées pour ça.
Maman nous a apporté une bouteille thermos et des sandwiches. Elle m’a recommandé une fois de plus de ne pas froisser ma chemise de concert, celle qu’elle avait fini de coudre la veille au soir. Randy et moi avons mis quelques paquets dans le bus et nous sommes retournés dans la cuisine, où Rebbie, après avoir couché la petite Janet, servait le souper de mon père.
Rebbie, ma sœur aînée, n’avait pas la vie facile. Si tout se passait bien avec Motown, nous devions déménager et elle irait dans le Sud avec son fiancé. Quand maman n’était pas là, elle s’occupait de tout à la maison. Maman avait entrepris de passer son bac en suivant des cours du soir, car elle n’avait jamais pu le passer à cause de sa maladie. Je n’arrivais pas à croire qu’elle pouvait faire un truc pareil. J’avais peur qu’on se moque d’elle à l’école, car elle avait sûrement des camarades de l’âge de Tito et de Jackie. Mais elle m’a expliqué en riant que les gens qui passaient leur bac en même temps qu’elle étaient des adultes. C’était curieux d’avoir une mère qui faisait ses devoirs de classe en même temps que nous.
Pendant l’été 1968, nous avons découvert la musique d’un groupe qui devait changer notre son et notre façon de voir les choses. Ils n’avait pas tous le même nom de famille, il y avait des Noirs et des Blancs, des hommes et des femmes et on les appelait Sly and the Family Stone. Ils faisaient des hits coup sur coup depuis quelques années, comme par exemple " Dance to the Music ", " Stand ", " Hot fun in the Summertime ". Mes frères me montraient du doigt quand ils entendaient la chanson du petit nain qui paraissait grand, et à mon tour, j’arrivais à en rire. On entendait ces chansons 24 heures sur 24, y compris sur les stations de rock. Ils nous ont beaucoup influencés et nous leur devons beaucoup.
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05 janvier 2009
Les perles...... Des Administrations
Spécial Impôts
- "A compter du 1er septembre, les guichets seront ouverts avant la fermeture"
- "À zéro franc près, nous obtenons le même résultat que vous "
- "Ce total de 5.000 F étant à diviser par deux, le résultat est donc : 1327.60"
- "Cette période de trois mois peut être prolongée d'un mois, soit un total de six mois "
- "Compte tenu de ce long retard, la pénalité applicable se monte a :0,15F"
- "Dès réception de votre lettre, nous attendrons immédiatement pour y répondre "
- "En cas de désaccord, un accord devra être trouvé..."
- "En cas de veuvage, les deux conjoints doivent signer une déclaration commune "
- "Il s'agit là d'une toute nouvelle taxe inventée par nos services "
- "Joindre impérativement un relevé d'identité bancale "
- "Joindre les pièces nécessaires au reglement, a savoir: TOUTES PIECES NECESSAIRES AU REGLEMENT"
- "La colonne B est réservée aux utilisateurs de la colonne C..."
- "La location de scooters des mers (voir votre facture) ne rentre pas dans la rubrique "biens immobiliers"
- "La mensualité peut être payable annuellement "
- "La nationalité ne peut pas être différente du sexe "
- "La profession de manutentionnaire que vous exercez n'est pas considérée comme un vrai métier "
- "L'agent de l'administration effectuera la vérification de votre propre matériel informatique, à condition qu'il en soit capable "
- "L'article 15 (définitivement supprimé) est parfaitement clair "
- "L'augmentation de votre loyer étant supérieure au taux d'indexation prevue par la loi, il vous reste la solution de demenager"
- "L'augmentation doit correspondre précisément à une réduction "
- "Le but de cette vérification est en fait de pratiquer une vérification "
- "Le cachet de la poste fait bien foi que vous n'avez jamais envoyé ce courrier "
- "Le chômage, même non rémunéré, est une source de revenus "
- "Le contrôleur s'est aperçu que vos costumes, déclarés comme frais professionnels, étaient de taille toute petite, c'est à dire pour un enfant de 8 ans "
- "Le décès de votre conjoint n'implique pas qu'il habite encore chez vous "
04 janvier 2009
Moonwalk: L'autobiographie de Michael Jackson.
Continuons ensemble à renter dans l'univers du Roi de la Pop, avec la quatrième partie du Chapitre 1 de son autobiographie "MOONWALK".
"Des mômes qui rêvent" (Chapitre 1 - 5ème partie)
Un jour, peu de temps après nos expériences dans les clubs de Chicago, papa rapporta une cassette de chansons que nous n’avions jamais entendues auparavant. On se demandait bien pourquoi il nous faisait écouter ça, car jusqu’ici, il ne nous passait que des chansons connues. C’était la voix d’un type qui ne chantait pas très bien, avec un vague accompagnement de guitare. Papa nous dit que le type en question n’était pas vraiment un chanteur, mais quelqu’un qui écrivait des chansons et qui avait son propre studio d’enregistrement à Gary. Il s’appelait M. Keith et il nous avait donné une semaine pour apprendre ses chansons. Nous pourrions en faire un disque éventuellement. Naturellement, nous étions prêts à enregistrer n’importe quoi pourvu que ce soit un disque.
Nous avons travaillé surtout la musique, sans nous préoccuper des mouvements de scène qu’il faut apprendre en même temps, normalement. Ça n’était pas aussi amusant que le répertoire déjà connu, mais nous étions suffisamment professionnels pour cacher notre déception, et donner tout ce que nous pouvions. Quand nous avons senti que nous étions prêts et que nous avions fait le maximum, papa nous a fait faire une petite maquette, après quelques faux départs et quelques critiques sévères. Un ou deux jours plus tard, papa est revenu de chez M. Keith avec de nouvelles chansons que nous devions travailler pour notre premier enregistrement.
Comme papa, M. keith était un ouvrier d’usine qui adorait la musique. Mais il y avait aussi un pied dans l’enregistrement et la production de disques. Son studio et son label s’appelaient Steeltown. Quand j’y repense, je suis sûr que M. Keith était tout aussi excité que nous à l’idée de faire ce disque. Son studio était en plein centre-ville, et nous sommes allés chez lui un dimanche matin de bonne heure, juste avant mon émission de télé favorite : " The Road Runner Show ". M. Keith nous accueillit à la porte et nous fit entrer dans son studio ; il nous montra une petite cabine en verre avec un tas d’appareils à l’intérieur, et il nous expliqua à quoi ils servaient ; ce n’était pas le moment de tripoter les machines, du moins dans ce studio. Je mis un casque sur mes oreilles, et avec cet étrange machin qui me descendait jusqu’au cou, je décidai d’avoir l’air prêt à tout.
Mes frères essayaient de voir où ils allaient brancher leurs instruments et à ce moment-là, des choristes et une section de cuivres sont arrivés. D’abord, j’ai cru qu’ils étaient là pour enregistrer après nous. Mais ils étaient là pour enregistrer avec nous et nous étions ravis. Papa n’avait pas bronché. Visiblement, il était au courant. C’est pas facile de surprendre mon père. Il nous demanda d’obéir à tout ce que nous demanderait de faire M. Keith, quand nous serions dans la cabine d’enregistrement. Si nous faisions tout ce qu’il nous demandait, le disque se passerait très bien.
Quelques heures plus tard, nous avions fini la première chanson de M. Keith. Certains choristes et joueurs de cuivre n’avaient pas l’habitude de recommencer encore et encore jusqu'à ce que ça soit parfait. Mais ils n’avaient pas un manager perfectionniste comme le nôtre et ils trouvaient ça difficile. C’est à ce moment-là qu’on a compris que papa nous faisait travailler comme des vrais professionnels. Nous sommes revenus plusieurs dimanches de suite, après des répétitions intenses pendant le semaine. Chaque fois, nous rapportions une copie de l’enregistrement. Un dimanche, papa apporta sa guitare et il joua avec nous. C’est la seule fois qu’il a enregistré quelque chose avec nous.
Une fois les disques pressés, M. Keith nous donna des boîtes de disques pour que nous puissions les vendre à l’entracte et après nos spectacles. Nous savions que ce n’était pas la façon dont les groupes connus opéraient, mais il fallait bien démarrer quelque part, et à cette époque-là, avoir son nom sur un disque était une affaire. On se sentait vraiment privilégiés.
Ce premier quarante-cinq tours Steeltown, s’appelait " Big Boy ". C’était une bonne chanson, qui racontait l’histoire d’un garçon qui tombe amoureux d’une fille. Pour vous donner une idée de la chose, imaginez un môme maigrichon de neuf ans en train de chanter ça. Les paroles disaient que je voulais davantage qu’un joli conte de fées, mais en réalité, je ne comprenais rien à ce que je chantais. Je chantais seulement ce que l’on me demandait de chanter.
Quand ce disque, qui avait une ligne de basse d’enfer, est sorti, et que les radios locales de Gary ont commencé à le diffuser, c’était vraiment un événement dans le quartier. Personne ne voulait croire que c’était notre disque. Et même nous, nous avions du mal à y croire aussi.
Après ce premier disque Steeltown, nous avons recommencé à participer aux concours d’amateurs, à Chicago. Généralement, les autres artistes, surtout ceux qui passaient après nous, me voyaient débarquer avec stupeur, parce que j’étais minuscule. Un jour, j’ai vu Jackie, plié en deux, mort de rire, comme si quelqu’un lui avait raconté une histoire vraiment drôle. C’était mal parti pour lui si papa s’apercevait qu’il était dans cet état avant de monter sur scène. Papa le repéra aussitôt et se dirigea vers lui pour lui dire deux mots, mais Jackie lui raconta un truc à l’oreille et papa se mit à rire lui aussi en se tenant les côtes. Moi aussi, je voulais connaître l’histoire. Papa raconta, avec une pointe de fierté dans la voix, que Jackie avait entendu les autres artistes parler entre eux et l’un d’eux avait déclaré :
" On a intérêt à ne pas se faire avoir par ces Jackson 5, avec ce nain qu’ils ont dans leur équipe. "
J’étais furieux, parce que mon amour-propre étais blessé. Je trouvais ça très méchant. C’était pas ma faute si j’étais le plus petit, mais tous mes frères étaient écroulés de rire. Papa m’expliqua qu’ils ne riaient pas de moi. Je devais être fier au contraire d’être pris pour un adulte par nos concurrents. Ils croyaient que j’étais un des elfes du Magicien d’Oz. Papa ajouta que si nous suscitions autant d’envie et de jalousie de la part de ces types que nous en avions reçu des gamins de notre quartier, à Gary, c’est que c’était gagné pour nous à Chicago. Mais ce n’était pas aussi simple. Il fallait d’abord jouer dans les clubs bien côtés de Chicago. Papa signa un contrat pour que nous puissions passer dans les bons clubs de Chicago et il nous inscrivit au Théâtre Royal pour un concours d’amateurs. Il était allé voir B.B. King le soir de son fameux enregistrement en public. On avait d’ailleurs suggéré à Tito de baptiser la guitare que papa lui avait offerte quelques années plus tôt " Lucille de B.B. King ", en hommage au musicien.
On a gagné le concours trois semaines de suite, en chantant une nouvelle chanson à chaque fois pour exciter la curiosité des habitués. Certains concurrents commençaient à trouver qu’on exagérait de revenir à chaque fois, mais on était tous là pour la même chose : gagner. La récompense la plus alléchante dans ce concours, c’est que si on gagnait trois fois de suite, on était invités à revenir. Mais cette fois, on était payés, et ça se passait devant des milliers de spectateurs, et non pas devant quelques dizaines, comme c’était le cas quand on jouait dans les bars. Nous avons eu le privilège de faire ce spectacle avec Gladys Knight et les Pips qui chantaient une nouvelle chanson intitulée : " Through the Grapevine ". Ce fut une soirée géante.
Après Chicago, il restait encore un grand concours d’amateurs à gagner : celui du Théâtre Apollo à New-York. Beaucoup de gens pensaient que le fait de gagner le concours de New-York était qu’une question de chance, et rien d’autre. Mais papa était persuadé qu’en plus des gens de talent qui se produisaient, il y a avait beaucoup plus de gens des maisons de disques et des musiciens professionnels à New-York qu’à Chicago. Si on pouvait gagner à New-York, on pouvait y arriver n’importe où. C’était ça, l’Apollo pour papa. Chicago avait déjà fait parvenir des informations sur nous avant qu’on arrive à New-York et notre réputation était telle qu’on nous fit passer directement en finale, sans nous imposer les éliminatoires. |
Gladys avait déjà évoqué la possibilité pour nous d’aller à Motown, de même que Bobby Taylor, un membre des Vancouvers qui s’était lié d’amitié avec papa. Bien sûr, on rêvait d’aller auditionner à Motown, mais c’était un projet qui se réaliserait plus tard. Nous sommes arrivés à l’Apollo, dans la 125ième rue, avec deux bonnes heures d’avance. Nous nous sommes baladés dans le théâtre et nous avons admiré toutes les photos d’artistes blancs et noirs qui étaient venus jouer là. Le manager nous montra les loges, mais moi, j’étais en arrêt devant les photos de mes chanteurs préférés. Tandis que mes frères faisaient connaissance avec les autres artistes de la première partie du spectacle, moi j’observais soigneusement les photos, parce que je voulais m’imprégner de chacun de leurs gestes, de leurs mimiques. Je regardais la façon dont leur pieds étaient placés, comment ils tenaient leur micro, et je me demandais pourquoi ils s’y prenaient comme ça. Après avoir étudié James Brown dans les coulisses, je connaissais chacun de ses pas, de ses grognements, chacune de ses pirouettes. C’est vrai que rien qu’à le regarder sur scène, on était épuisé, vidé par l’émotion. Sa présence physique ahurissante, le feu qui sortait de chaque pore de sa peau étaient phénoménaux . On pouvait presque sentir chaque goutte de sueur coulant sur son visage, et ce qu’il éprouvait à ce moment-là. Je n’ai jamais vu personne se défoncer comme ça sur une scène. Vraiment incroyable ! Quand je regardais quelqu’un que j’aimais, c’est comme si j’étais à sa place. James Brown, Jackie Wilson, Sam and Dave, les O’Jays, ils faisaient vraiment " travailler " leur salle. J’ai énormément appris en regardant Jackie Wilson. Tout ceci a contribué à m’apprendre mon métier. Nous, on restait là, derrière les rideaux, à regarder les artistes sortir de la scène en sueur, après leur représentation. Moi, j’étais pétrifié, et je les regardais passer, avec leurs magnifiques chaussures de luxe. Mon rêve, c’était de pouvoir avoir une paire de chaussures en cuir de cette qualité. J’avais le cœur brisé parce que ces chaussures n’existaient pas pour les petits garçons. Je faisais toutes les boutiques dans l’espoir d’en trouver une paire et on me disait à chaque fois : " On ne les fait pas pour les petites tailles. " J’étais très malheureux parce que je voulais avoir les mêmes que celles que j ‘avais vues sur scène, brillantes, chatoyantes, et changeant de reflets sous les lumières. Oh, je voulais tellement avoir les mêmes chaussures que celles que portait Jackie Wilson ! |
















